Quant les universitaires s’en mêlent Vers un observatoire régional du littoral et de la mer

 Chahid Ahmed

 «  C’est dans l’Université et par la recherche que doivent se relever les défis de la société en matière de développement durable, de même que c’est aussi dans l’Université et par la formation que doivent s’ouvrir à notre jeunesse les perspectives d’emplois écologiques ». En osant jeter cette pierre dans la marre des milieux environnementaux, M. Boughaleb, Président de l’Université Chouaïb Doukkali d’El Jadida, n’a pas cherché trop de détours pour exprimer clairement la place centrale, du rôle que doivent jouer les garants de ce temple du savoir qu’est l’Université, dans toute approche en mesure de consolider les assises de cette veille écologique qui fait bouger le monde par les temps qui courent.

C’est par cette évidence que M. Boughaleb a introduit son allocution lors de l’ouverture des travaux de la semaine de l’environnement, organisée par l’Association des Doukkala, en collaboration justement avec l’Université Chouaïb Doukkali, sous la Présidence d’honneur de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa, avec pour référence la très attendue Cop 22 dont les effets préliminaires ne peuvent passer inaperçus à El Jadida, comme le souligne le Président en disant que « Le Maroc s’apprête à accueillir la COP 22 à Marrakech en novembre prochain et les océans sont au cœur des débats sur les changements climatiques. Par sa position géographique et sa relation historique avec la mer, Doukkala mérite amplement de participer à cette fête planétaire, en abritant des activités  surtout celles qui sont en relation avec la mer, le littoral et leurs écosystèmes »

Nous savons tous argumente-t-il, que les zones côtières seront les premières à subir les conséquences de l’élévation du niveau marin due aux changements climatiques. Ce constat nous interpelle plus que jamais et nous impose la réflexion sur une nouvelle gouvernance de la mer et du littoral intégrant une démarche de développement durable.

Dans son allocution, ce scientifique n’a pas confiné ses idées dans le discours de circonstance mais il a aussi conforté la position de l’Université par l’offre concrète qu’elle peut dispenser dans le domaine, puisqu’il ajoute «  A l’Université, nous croyons fortement que la formation est un outil formidable pour répondre aux effets des changements climatiques. Notre offre propose plusieurs filières qui traitent des thématiques de l’environnement et du développement durable. Elles ont comme objectifs de former des jeunes chercheurs et des cadres capables d’appréhender les problématiques des écosystèmes et d’y apporter les solutions adaptées, par une démarche pluridisciplinaire et transversale, et aussi par une méthodologie intégrant les nouveaux outils du développement durable. Elles permettront d’accroitre la capacité d’adaptation des écosystèmes face aux changements climatiques ».

Le Littoral de la région montre une diversité paysagère et une richesse biologique et écologique importantes, c’est également le lieu d’activités agricoles, industrielles et économiques qui constituent des enjeux fondamentaux pour le pays. Ce littoral est vulnérable, et cette vulnérabilité est accentuée par les changements climatiques «  C’est donc tout naturellement que ce littoral  constitue depuis longtemps, le dénominateur commun des activités de recherche de la plus part de nos laboratoires, ce qui a valu à notre université d’abriter un pôle d’excellence des sciences et techniques de la mer ». estime-t-il

Sur la plan de la gouvernance, un grand pas est franchi, avec l’adoption l’année dernière de la loi 81-12, dite loi du littoral, qui est d’une importance capitale pour la préservation et la gestion durable de cet espace, nous éclairent les sur les horizons de cette Université, puisqu’il ressort selon cette remarquable intervention, fortement chargée de volonté collective et d’actes ciblés et mûrement étudiés que « C’est dans l’esprit de cette loi et dans l’objectif de fédérer la réflexion sur une nouvelle gouvernance de la mer et du littoral, que nous avons lancé une procédure pour mettre en place au niveau de notre université, un outil efficace, le Centre du Littoral et de la Mer, qui en plus de la production de la connaissance scientifique, jouera le rôle d’interface avec les usagers institutionnels et professionnels de la région au niveau du littoral.

Ce Centre de Recherche Universitaire pourrait être le premier jalon d’un observatoire régional du littoral et de la mer, dans lequel toutes les institutions agissant sur le littoral sont représentées. L’objectif final étant de concevoir, sur la base des données scientifiques régulièrement mises à jour, et dans une démarche de développement durable, un modèle de gestion intégrée du littoral prenant en considération notre spécificité régionale, et concilier ainsi les impératifs de sa valorisation et sa protection, avec les exigences du développement économique, social et culturel de la région ».

Pour terminer, et au-delà des termes de civilité, le président de l’Université Chouaïb Doukkali, n’a pas manqué cette occasion pour réitérer son invitation à la journée que l’Université compte organiser sur le littoral en collaboration avec la Province et le Conseil Provincial d’El Jadida en octobre prochain et à laquelle seront conviés collectivités territoriales, institutions publics, secteur privé, associations civiles,  afin de prolonger et approfondir les débats sur cette idée.